« La mode qui se loue »: Une forme d’économie de partage

« La mode qui se loue »: Une forme d’économie de partage

Imaginez le côté pratique d’Uber, mais pour la mode. Des courses en voiture aux robes de cocktail, de plus en plus de consommateurs privilégient le côté pratique et les bénéfices d’une consommation sans engagement. La mode « économique » devient à cet égard très tendance.

La « mode économique » se répand de plus en plus au sein d’une communauté de consommateurs qui veulent accéder instantanément à des produits de luxe, mais à un prix abordable. Aujourd’hui, les sites Web de services P2P (peer-to-peer) sont nombreux et l’économie de partage n’a rien de nouveau, mais elle se propage au secteur du prêt-à-porter.

Pour les propriétaires, cette économie de partage transforme les biens en rentrées d’argent grâce à une utilisation continue d’objets. Les consommateurs payent un montant en contrepartie d’un objet qu’ils utilisent pendant une courte période, à une fraction du prix d’achat et avec plus de choix.

Ce modèle d’économie de partage peut-il s’appliquer à l’industrie de la mode ? Selon un récent rapport de Future Market Insights, on estime que l’Amérique du Nord dominera la part des revenus du marché mondial de la location de vêtements en ligne et représentera 42,3 % de part de marché d’ici la fin de l’année 2016. D’ici à la fin de l’année 2026, le marché mondial de la location de vêtements en ligne devrait être évalué à 1 952,4 millions de dollars.

La réussite d’un modèle de location en ligne et hors ligne n’a rien de très surprenant étant donné que les enfants du millénaire veulent suivre la mode, sans trop dépenser. Si la Fast Fashion satisfait en grande partie ces besoins, les consommateurs sont toujours à la recherche de moyens favorisant le développement durable. Les vêtements à louer permettent de réduire l’impact sur l’environnement grâce à la diminution des déchets et au recyclage des vêtements et en même temps de rester au diapason des dernières tendances.

Exemple de société ayant adopté cette stratégie : Rent the Runway. Elle compte plus de six millions de membres et dispose d’un stock de plus de 200 000 vêtements, bijoux et accessoires à louer. Les clients filtrent les articles par événement/occasion et taille, et peuvent lire les avis des autres avant de choisir une formule de location unique ou un abonnement. Ils reçoivent également une taille de secours, et peuvent garder l’article loué pendant 4 jours au maximum avant de le renvoyer gratuitement sans même devoir le nettoyer à sec.

Rentable Fashion: A Sharing Economy
Une expérience d’achat omnicanal dans la nouvelle boutique phare de Rent the Runway (Crédit image : Rent the Runway, Architectural Digest

Le marché de la location de vêtements en ligne brouille également la distinction entre la vente en ligne et hors ligne. Par exemple, les consommateurs peuvent louer en ligne, visiter une boutique ou utiliser des applications pour parcourir et voir des articles à louer le jour même. Ces données servent à personnaliser les profils pour d’autres achats.

« Je veux que la cliente se sente comme chez elle, et qu’elle ait l’impression que nous sommes un prolongement de son placard et de sa vie », explique Jennifer Hyman, cofondatrice et PDG de Rent the Runway. « Je veux qu’elle se sente tellement à l’aise qu’elle décide d’essayer quelque chose de nouveau : une nouvelle marque, un nouveau style ou une nouvelle tendance. Sa décision est intelligente et repose sur un prix très raisonnable, et la cliente va se sentir bien. »

L’économie de partage va-t-elle perturber le modèle classique de vente au détail ? Dans une époque où quasiment tout est accessible instantanément, et où l’on a envie de commodité et de luxe, la prochaine grande tendance pourrait bien être la location d’armoire haute couture, à un prix abordable.

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